INTRODUCTION

Faire traduire n'est généralement pas une mince affaire.

Il y a ceux qui savent, parce qu'ils font traduire depuis longtemps et ont mis au point des stratégies et des procédures efficaces.
Mais il y a aussi et surtout ceux qui ne savent pas, qui ne savent pas par quel bout prendre le problème, ou qui ne savent même pas à qui s'adresser.
Et il y a encore ceux qui savent en gros, mais n'ont pas trouvé la bonne formule ou ne sont pas satisfaits de la façon dont les choses se passent, et voudraient savoir comment faire pour que les choses aillent bien, ou aillent mieux.

Les réponses existent. Elles sont généralement simples même si, de prime abord, elles paraissent complexes. Pour appliquer ces solutions de manière efficace, il faut d'abord comprendre ce qu'est vraiment la traduction et, surtout, l'importance des risques que le donneur d'ouvrage peut être amené à prendre, sans le savoir, quand il décide de faire traduire.

Le présent ouvrage passe en revue les problèmes que rencontre toute personne confrontée au besoin de faire traduire. Il propose des réponses claires aux questions simples, mais cruciales, ci-après :

· C'est quoi la traduction ?
· Qu'est-ce que la traduction apporte ?
· Faut-il vraiment faire traduire ?
· Faut-il vraiment tout faire traduire intégralement ?
· Qu'arrive-t-il quand on ne fait pas traduire ?
· Combien ça coûte ? Pourquoi ?
· Comment s'y retrouver dans les étiquettes et les spécialités des traducteurs ?
· Où et comment trouver un traducteur ? Comment savoir si le traducteur est " bon " ?
· Quelles précautions prendre quand on fait traduire ?
· Qu'est-ce que je peux attendre ou exiger du traducteur ?
· Est-ce que le traducteur attend quelque chose de moi (à part un chèque) ?
· Comment être sûr d'obtenir la meilleure traduction possible ?
· Comment gérer tout cela ? Faut-il intervenir ? Jusqu'où ? Comment ?
· Que faire en cas de litige ?
· Et si je ne veux pas m'en occuper, à qui puis-je faire appel ?

Les informations et analyses présentées ici découlent de multiples entretiens et enquêtes auxquels ont bien voulu participer des acheteurs de prestations de traduc-tion, des chefs d'entreprises ou de laboratoires, des demandeurs, consommateurs et bénéficiaires de traductions, des responsables de services internes de traduction, des responsables d'entreprises ou d'agences de traduction, des traducteurs, et divers opérateurs intervenant dans la gestion, le pilotage, et l'exécution de presta-tions de traduction.

Ces informations et analyses ont fourni la matière de modules de formation à la fonction de gestion d'achats de prestations de traduction et de gestion des traduc-tions/traducteurs proposés depuis 1987 au CFTTR1 , repris de 1989 à 1991 au Centre Jacques Amyot2 , puis développés dans des séminaires d'entreprises.
Les principes de gestion des besoins, demandes, et prestations de traduction pré-sentés ici ont été intégrés au projet MLIS 3010 (24928) PERFEQT3 , dit " ProcedurEs and Rules For Enhanced Quality in Translation ". Le modèle de chemin critique du donneur d'ouvrage élaboré et testé à l'occasion de ce projet constitue le cœur de la norme d'exécution et de pilotage de prestations de traduc-tions dite DG94/R2T.

ORGANISATION GENERALE

L'ouvrage s'organise en six volumes.

Le volume 1 traite de l'interprétation - traduction orale de l'oral. Dans ce cas particulier, les problèmes sont clairement identifiés et les solutions simples. Il n'y a pas une multiplicité de catégories d'interprètes. Les interprètes sont parfaitement identifiés dans tous les annuaires, et doivent être géographiquement proches (raisonnablement). Enfin, une fois choisis, les interprètes supervisent l'organisation de l'interprétation. Il suffit donc de quelques repères simples pour trouver la solution.

Les cinq volumes suivants concernent les diverses formes de traductions : tra-duction de textes, traduction de matériaux audiovisuels, traduction de matériaux multimédia, localisation de logiciels, traduction de contenus de sites Web avec ou sans clonage des sites, traduction de codes divers. L'organisation retenue tient compte des volumes et fréquences des besoins de traductions.

Les volumes 2 et 3 s'adressent à ceux qui ont besoin de faire traduire ponctuellement ou occasionnellement et qui peuvent se contenter des informations contenues dans ces deux volumes.

Le volume 2 traite le cas particulier de la traduction certifiée (dite aussi : jurée ou assermentée).

Le volume 3 s'adresse prioritairement à quiconque doit faire traduire juste une fois ou de temps en temps. En pareil cas, il n'est guère besoin d'un dispositif lourd : sauf exception, le problème est clairement posé et la solution doit (et peut) être rapidement trouvée.
Au-delà commencent les affaires sérieuses : la traduction de volumes importants ou à grande fréquence.

Le volume 4 s'adresse à quiconque doit faire traduire souvent ou régulièrement. En pareil cas, on suppose que la traduction est effectuée par des prestataires de service externes et qu'il s'agit donc de gérer la demande en interne et de contrôler l'exécution en externe. Le volume 3 préconise la mise en place d'un début d'organisation rationnelle de la fonction " traduction ".
Le volume 4 répond d'abord à la question de savoir s'il faut faire traduire, quand et pourquoi il faut faire traduire, mais aussi combien il faut faire traduire. Il expli-que ensuite comment se repérer face aux traducteurs et à leurs pratiques puis quel-les sont les options possibles. Une fois les options choisies, le volume 4 explique comment trouver des traducteurs, comment sélectionner les meilleurs, et comment gérer ces traducteurs, avant, pendant, et après l'exécution des traductions.
Le volume 4 marque le premier niveau d'information générale que devrait maîtriser quiconque doit faire traduire l'équivalent de quelques centaines de pages.

Le volume 5 s'adresse à quiconque doit faire traduire très souvent et/ou mas-sivement. En pareil cas, les enjeux peuvent être considérables et la réflexion plus poussée, mais ce volume prolonge les contenus du volume 4, qu'il est bon de consulter en préalable.
Lorsque les volumes ou fréquences de traductions deviennent très importants, une organisation rationnelle doit être mise en place. Le volume 5 explique comment définir une politique documentaire cohérente, préconise un état des lieux systématique et explique comment gérer la traduction de manière coordonnée et centralisée. Il propose les arguments pour et contre le traitement en interne ou l'externalisation, précise les conditions de recherche et de sélection d'opérateurs qualifiés, recommande une gestion prévisionnelle des besoins, trace des pistes pour l'optimisation des ressources et propose une démarche complète d'assurance de qualité dans le pilotage et la gestion des prestations de traduction requises. L'objectif est de permettre au donneur d'ouvrage de construire un dispositif et des stratégies qui lui assurent la meilleure qualité dans les meilleures conditions de délais et de coûts.

Le volume 6 traite de la traduction effectuée en interne. Il présente à la fois le cycle de vie du service interne et, plus globalement, le cycle si particulier de l'internalisation ó externalisation des traductions. Il se concentre sur les critères particuliers de recrutement de traducteurs internes et sur la grande question à dou-ble détente : comment accroître la productivité du service interne afin de réduire les coûts de la traduction ?

Une série de trois annexes complète l'ensemble. Ce sont :
· Une annexe spécifique traite des formations et compétences de traducteurs.
· Un glossaire recense et définit les principaux termes utilisés.
· Un carnet d'adresses recense les associations professionnelles (associations de traducteurs et associations d'entreprises).

Le passage d'un volume à l'autre s'effectue selon une progression naturelle des quantités et volumes à traiter. Cette progression fonde des différences dans la complexité des procédures à mettre en œuvre côté donneur d'ouvrage et dans le degré d'investissement et de contrôle de la part du donneur d'ouvrage. Mais, dans tous les cas, il est question de gains de qualité, de gains de productivité, de réduction des coûts, de réduction des temps de mise en marché des traductions, d'optimisation des ressources et de la consommation de ces ressources. Il est surtout question de partenariat avantageux pour les deux parties ou partenariat mutuellement bénéfique4 entre le donneur d'ouvrage et le ou les traducteurs.

Il est donc question de ce que le donneur d'ouvrage peut et doit obtenir et donc de ce qu'il peut et doit exiger, mais aussi de ce qu'il peut et doit apporter5 pour que ce partenariat fonctionne bien.

L'organisation gigogne retenue fait que chaque lecteur peut s'arrêter dès qu'il a trouvé toutes les réponses à tous ses problèmes mais aussi que celui qui doit aller jusqu'à la traduction très fréquente et/ou " massive " y va progressivement, en passant par des paliers qui sont l'occasion de mieux comprendre et de mieux gérer les dispositions et les dispositifs les plus lourds, un peu comme un plongeur qui remonte à la surface passe par des paliers de décompression.
Quiconque souhaite maîtriser l'essentiel dans les délais les plus brefs peut se concentrer sur les chapitres 6 [Savoir de quoi il en retourne], 8 [Trouver le(s) tra-ducteur(s) voulu(s)] et, surtout, 10 [Accompagner l'exécution des traductions].

1.Centre de formation de traducteurs, terminologues et rédacteurs - université de Rennes 2.
2.Centre actif de 1985 à 1991 dans le domaine de la formation continue en terminologie, traduc-tion, rédaction sous la direction du regretté Antoine Berman. Parmi les références : IBM, SAS, Aérospatiale, Ministère de l'Économie et des Finances, Michelin, Spie Trindel, INRA, DEC, Dassault électronique, Elf Aquitaine Production…
3.Rapport de fin de recherche remis en 1999.
4.De l'anglo-saxon 'win/win' ou 'gagnant/gagnant'.
5.Lorsque les circonstances le permettent et sous les conditions exposées.

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