AVANT-PROPOS - PANORAMA GENERAL

2. Des fonctions essentielles

Sauf à rédiger directement dans les diverses langues des cibles de la communication (Cf. chapitre 5), la traduction est le passage obligé et le moyen de tout échange, de toute transaction et de toute communication au niveau international. Internationaliser, c'est forcément traduire.

De manière générale, traduire, c'est faire ce qui est nécessaire pour exporter ou importer des concepts (et donc des produits et des processus), des pensées et des modes de pensée, des raisonnements et des modes de raisonnement, des arguments et des modes d'argumentation. La traduction devient nécessaire, face à une frontière linguistique et culturelle, à chaque fois que l'on veut ou que l'on doit :

1. faire en sorte qu'un individu ou un groupe comprenne ce que l'on veut lui faire savoir ou ce qui lui est absolument nécessaire pour pouvoir consommer ou utiliser ce que l'on voudrait qu'il consomme ou utilise.

2. comprendre ce que quelqu'un d'autre a conçu dans une langue et un système culturel inaccessibles, parce que l'on espère en tirer une émotion ou un plaisir (roman, nouvelle, film), un profit (informations économiques), une garantie (contrat d'assurance), un outil (mode d'emploi d'appareils), une meilleure utilisabilité ou même une utilisabilité tout court (menus et messages apparaissant sur les écrans d'ordinateurs), et toute forme d'enrichissement affectif ou matériel ou intellectuel.

3. faire faire quelque chose à quelqu'un dans les règles, malgré ses réticences éventuelles et par delà la barrière des langues (on traduit toutes les pièces d'une procédure d'extradition parce que l'on sait qu'on n'a pas le choix : sans traduction la demande d'extradition restera lettre morte).

Ainsi, pour un individu ou un groupe donné, la traduction est à la fois ou alternativement un moyen de donner à l'autre et un moyen de prendre à l'autre et on peut y avoir recours par obligation ou par intérêt - intérêt à prendre ou intérêt à donner. Il faut donc traduire (ou interpréter) dès l'instant où il est nécessaire ou avantageux de rendre ses propres concepts, pensées, modes de pensée, raisonnements, modes de raisonnement, arguments et modes d'argumentation… (i) accessibles à d'autres personnes ou groupes qui (ii) n'y ont pas accès pour des raisons évidentes de non-compréhension du code utilisé et/ou pour des raisons moins évidentes d'écarts culturels.

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