VOLUME 5
FAIRE TRADUIRE TRES SOUVENT, OU MASSIVEMENT
Chapitre 23 - Gérer les contestations et litiges
Lorsque le donneur d'ouvrage estime que la traduction n'est pas " satisfaisante " ou pense qu'elle n'est pas " bonne ", la seule démarche saine consiste à :
1. s'assurer que la personne qui émet des réserves sur la qualité de la
traduction a véritablement compétence pour le faire et n'a pas personnellement
intérêt à disqualifier la traduction et/ou le traducteur ;
Quiconque porte un jugement de profane sur la traduction peut avantageusement
s'inspirer de l'attitude que les traducteurs ont, depuis très longtemps, adoptée
face à ceux dont ils traduisent les textes.
Ils ne montent pas à l'assaut des
auteurs techniciens en leur disant que leur prose est illisible ou comporte des
fautes ou des erreurs. Ils disent " ne pas bien comprendre ", car ils ont appris,
à leurs dépens, que ce qu'ils trouvent parfois " bizarre " ou soupçonnent de
" ne pas aller " est le plus souvent tout à fait normal et parfois même excellent.
Une bonne traduction peut nécessiter :
Par conséquent, les ruptures de parallélisme entre l'original et la traduction ne
doivent pas inquiéter : le traducteur saura les justifier.
C'est plutôt lorsque l'on peut 'voir' l'original à travers la traduction qu'il faut se
faire du mauvais sang.
2. demander au traducteur ou à l'entreprise de traduction si la version transmise est bien la bonne ;
3. attendre la confirmation (ou la 'bonne' version) ;
4. à réception de la confirmation : aviser le traducteur ou l'entreprise de traduction
de l'existence d'un " problème " en ;
- signalant tous les points et tous les éléments contestés ;
- indiquant clairement, pour chaque point ou élément contesté, le motif de la contestation ;
5. attendre la réaction du traducteur ou de l'entreprise de traduction ;
6. accepter, selon les cas, toute proposition de :
Si le traducteur ou l'entreprise de traduction n'est pas satisfaisant ou si, après révision, corrections et mise à niveau, il continue de juger que la traduction n'est pas bonne ou satisfaisante ou conforme, la démarche la plus saine consiste à :
L'expertise ou l'arbitrage a un coût mais contribue généralement à dégager dans les meilleurs délais une solution amiable satisfaisante.
Si, consécutivement à l'expertise d'un traducteur tiers ou à l'arbitrage de l'association professionnelle, le donneur d'ouvrage et le traducteur/l'entreprise ne parviennent pas à une solution négociée, le donneur d'ouvrage peut entreprendre toute action qu'il lui semble devoir entreprendre à l'encontre du prestataire défaillant.
Lorsqu'il est avéré que la prestation n'est pas conforme le donneur d'ouvrage est fondé à :
Avant de prendre ce type de décision, il faut savoir que toute contestation d'une
traduction doit être valablement fondée.
Sauf incompétence flagrante du traducteur
(et il aurait mieux valu s'en rendre compte au stade de l'échantillon) et à moins d'avoir
la compétence voulue pour juger valablement , il faut faire preuve de la plus extrême
circonspection dans ses jugements. Les souvenirs personnels des cours de langues sont
un bien piètre guide pour juger du travail du traducteur, et les impressions des utilisateurs
des traductions ne sont pas nécessairement fiables.
L'idée selon laquelle les personnels des entreprises françaises peuvent parfaitement
" fonctionner " en anglais en toutes choses a fait long feu : s'il n'y a rien à redire pour
l'anglais d'aéroport, la compétence linguistique moyenne ne tarde pas, quand les choses
deviennent plus délicates, plus complexes, plus fines, à montrer ses limites comme d'autres
les trous dans leurs chaussettes.
Avant d'engager une action à l'encontre du traducteur, il faut savoir que les seules contestations défendables sont celles qui portent sur :
Aucun recours ne peut être valablement envisagé dans les huit cas particuliers recensés ci-après :
Le respect scrupuleux de ces règles de l'art peut aboutir à une traduction dont le
donneur d'ouvrage juge qu'elle ne répond absolument pas à ses besoins ou exigences.
Pour reprendre l'analogie déjà évoquée, le mur construit par le maçon peut tenir debout et
avoir même une certaine " perfection " sans pour autant convenir le moins du monde.
Sans spécifications initiales du produit voulu, toute contestation est souvent infondée.
Il est également bon de savoir que, en France :
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